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Le piano et moi

Je n'ai jamais autant joué de piano dans ma vie! Depuis 10 jours, deux fois par jour, je suis sur mon banc, devant l'instrument, à pratiquer et à interpréter au moins une pièce de musique dans ma journée. Je me suis effectivement donné comme défi de jouer tous les jours en direct sur Facebook et sur Instagram; j'enregistre également une vidéo sur YouTube. Pourquoi? me demanderez-vous. Pour trois raisons.


D'abord, pour tenter de mettre un peu de lumière dans la vie des gens. Dans cette période difficile que nous traversons actuellement, je ne suis pas la seule à partager ma passion musicale : vous avez sûrement pu voir des enregistrements de "Propage la musique, pas le virus!" De mon côté, j'ai toujours aimé jouer en concert, même si un trac atroce m'accompagne toujours avant et pendant ma prestation; le partage de ce que j'aime le plus faire au monde entre pour beaucoup dans les raisons pour lesquelles je suis encore passionnée par ce métier.


Ensuite, parce que ça me tient en forme musicalement et techniquement parlant. Je ne me suis jamais vue comme une pianiste professionnelle. Je n'ai pas étudié en interprétation à l'université, parce que je me connaissais assez bien pour savoir que je n'allais pas pratiquer un minimum de six heures par jour. J'ai toujours rechigné à pratiquer, sauf quand j'avais 5 ans et que j'avalais en une semaine ou deux les soixante exercices des cahiers A Dozen a Day. Alors, le défi que je me suis posé d'interpréter au moins une pièce différente par jour, me permet de garder mes doigts au meilleur de leur forme, d'apprécier les subtilités comprises dans une oeuvre de musique, et de toucher du doigt des émotions plus ou moins profondément enfouies en moi et de les mettre en musique, à chaque fois d'une façon différente.


Enfin, pour garder le moral; la musique a toujours été d'un grand secours dans ma vie, surtout lors de mon enfance et de mon adolescence. Je me ferais tirer les cheveux par mes parents si je rentrais dans les détails, mais ces années n'ont pas toujours été roses. J'ai une relation avec mes parents bien meilleure aujourd'hui, adulte mi-trentenaire, qu'il y a 20 ans. Eh bien, la musique, entre autres, a pris la place d'une mère nourricière, en quelque sorte. Je ne pratiquais pas autant que d'autres élèves ont pu être assis sur leur banc de piano à s'escrimer sur leurs exercices techniques, gammes et arpèges, et certains extraits difficiles de leurs pièces, mais la musique m'a empêchée parfois de tomber dans un trou noir de dépression. Alors, pendant la période actuelle que nous traversons, je profite de mon instrument et de la musique à 100% et suis heureuse quand je suis assise sur mon banc de piano.


N'embellissons la réalité : c'est vrai que je suis heureuse quand je joue de mon instrument favori, mais comme une majorité des personnes dans le monde actuellement, je passe à travers des moments émotionnellement ardus. Je ne m'étais jamais perçue comme quelqu'un de particulièrement sociable, mais je me rends compte que je m'ennuie beaucoup des personnes qui m'entourent habituellement; mes amis, ma famille plus ou moins éloignée plus particulièrement. De parler avec mes parents sur FaceTime tous les jours ne remplacera jamais leur câlin ou leur bec sur ma joue. Participer à un thé virtuel avec des amies n'arrivera jamais à la cheville de leur présence aimante et précieuse.


Tout ça pour dire que vous n'êtes pas seul dans cette période d'isolement. Je pense fort à vous et vous envoie plein d'ondes, de becs et de câlins virtuels!


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